Selon l'article d'André McKibben "La Classification des Agresseurs Sexuels"
INTRODUCTION
Dans son article sur la classification des agresseurs sexuels McKibben nous fait prendre conscience des difficultés de répondre réellement aux besoins des agresseurs sexuels, entre autre à cause de la pluralité des intervenants multidisciplinaires : la prise en charge et le traitement apparaissent discontinus et incohérents (problème de subjectivité, de formation, ou de préoccupation de l’intervenant).
Face à ce constat, il s’interroge sur l’importance et la pertinence d’établir et d’utiliser des modèles de classification structurés méthodologiquement, afin que les intervenants soient plus a même d’aider cette population particulière, vers une réhabilitation efficiente.
A cette fin, l’auteur recense différents modèles de classification afin de faire état des conclusions des recherches en la matière.
… les modèles de classifications basés sur des critères observables sont incontournables afin de pallier aux difficultés dans la prise en charge et le traitement des délinquants sexuels. En effet, ils permettent de maîtriser davantage l’étiologie et la dynamique de ces délinquants, et ainsi, l’efficacité de l’intervention. Cependant, il préconise de ne pas perdre de vue que les modèles de classifications ne sont jamais définitifs, tant ils sont basés sur des connaissances en constantes évolutions. Enfin, sans nier les nombreuses contributions qu’apportent ces classifications, l’auteur remarque que l’élaboration de telles typologies engendre très souvent des problèmes méthodologiques. Par exemple, l’auteur relève une fréquente absence de critères diagnostiques opérationnels (problème de subjectivité) ; une absence de vérification de la fiabilité interjuges – qui ne permet pas d’assurer la concordance entre les jugements ; des problèmes d’étanchéité des sous titres (qui ne permettent pas le recoupement entre les catégories), ainsi que des problèmes d’exhaustivité.
Ainsi, McKibben analyse les différents modèles de classification des agresseurs sexuels, qu’il distingue selon l’âge des victimes : typologie de violeurs et typologies de pédophiles.
Modèles de classification des violeurs
Remarquant les similarités de certains sous types de catégories, notamment quant à la motivation et l’affect, McKibben établit une synthèse des typologies de violeurs à partir de 4 thèmes récurrents (la recherche de pouvoir, la rage, le sadisme et le comportement antisocial). Il fait également état des catégories qui ne font donc pas consensus parmi les chercheurs, en raison de leur manque de représentativité parmi l’ensemble des délinquants sexuels, ce qui empêche une caractérisation efficace.
Afin d’expliciter les différentes caractéristiques des 4 grands types de violeur, l’auteur prend tout d’abord appui sur la classification de Groth, car elle apparaît comme la plus familière aux intervenants. Il ressort que le violeur animé par la recherche du pouvoir affirme sa supériorité et sa virilité, par la soumission de sa victime dont il attend une admiration, voire une quasi-gratitude. Le violeur animé par la rage commet son crime dans le but de dégrader et d’humilier la victime. Le violeur sadique, quant à lui, érotise l’agression et trouve sa gratification sexuelle dans les mauvais traitements infligés à la victime. McKibben constate que le violeur antisocial est totalement absent de la typologie de Groth. Il est pourtant décrit par tous les autres auteurs (Guttmacher, Cohen, Rada…), comme un individu dont le crime est davantage le résultat d’une problématique anti sociale que sexuelle.
L’auteur remarque ainsi certaines similitudes, entre les types de violeurs décrits dans la typologie de Groth, et celle d’autres auteurs, comme Guttmacher, Cohen…. Par exemple, le violeur animé par la rage de Groth, s’apparente, au violeur « assaultive » de Gebhard ou au « displaced agression typerapist » de Cohen.
Même si leur pertinence reste d’actualité, ces modèles de classifications ont évolué ces dernières années, principalement grâce au travail du Massachussetts Treatment Center for Sexual Offenders. Leur nouvelle classification, plus structurée sur le plan méthodologique grâce à des critères bien définis, apparaît comme plus fiable car elle permet également de pallier à divers problèmes vus précédemment. Ainsi, la typologie de Knight et Prentky (1990) est basée sur une classification des violeurs en fonction de leur motivation primaire et de l’affect prédominant au moment du délit (opportunisme, rage indifférenciée, motivation sexuelle et motivation vindicative). Les sous types sont ainsi basés sur des critères bien définis et modulés en fonction de l’incidence des facteurs « secondaires » (comme les problèmes de consommation, les troubles mentaux…).
McKibben va également s’intéresser à une autre catégorie d’agresseur sexuel : le pédophile.
Modèles de classification des pédophiles
Contrairement aux classifications de violeurs, n’y a pas de consensus entre les auteurs, quant aux critères utilisés pour établir celle des pédophiles : caractéristiques de l’agresseur pour les uns (âge, personnalité, état mental…) ; caractéristiques de la victime et niveau de violence pour les autres.
McKibben débute également son analyse par le modèle de Groth, qui établit sa classification des pédophiles en fonction du niveau de violence utilisée par l’agresseur. Ainsi, il différencie l’attentat à la pudeur du viol. Tandis que le premier suppose la séduction ou la persuasion, et la manipulation d’un enfant investi positivement, dont l’agresseur recherche une réciprocité de la relation ; le second suppose l’utilisation par l’agresseur, de la menace ou la force physique, a des fins de domination ou de soumission d’un enfant investit négativement, ou par hostilité). L’attentat à la pudeur est lui-même divisé selon les concepts de fixation (persistance des contacts) et de régression (tardiveté de l’attrait pour les contacts avec des enfants et présence de désinhibiteurs et d’élément(s) déclencheur(s)). Le viol, lui, est divisé selon 3 dynamiques : colère (vengeance par l’humiliation), puissance (pouvoir et supériorité par le contrôle) et sadisme (satisfaction sexuelle par érotisation de l’agression).
Cette théorie demeure pertinente malgré une absence de critère véritablement précis. Une théorie plus moderne a cependant tenté de pallier à cette difficulté : le modèle de classification des pédophiles de Knight, Carter et Prentky. L’apport principal de ce modèle par rapport aux autres est qu’il éradique les problèmes liés à l’interprétation des critères classificateurs. En effet, ce modèle a été établi sur la base d’un échantillon très précis d’individus, dont les délinquants et les victimes, ainsi que le délit en lui-même était nettement caractérisé (en l’espèce, uniquement les agressions sexuelles avec contact physiques et non incestueuses, commises par des majeurs de 14 ans, sur des victimes mineurs de 16 ans avec lesquelles ils avaient au moins 5 ans d’écart).
Ce modèle est basé sur 2 axes : le degré de fixation et la quantité de contact. Le degré de fixation est la force et la persistance de l’intérêt sexuel pour l’enfant. Elle se détermine entre autre selon le nombre de contacts sexuels avec des enfants sur 6 mois minimum, ou sur la continuité des relations avec des enfants (contacts sexuels et non sexuels). Le degré de fixation dépend également du niveau de compétence sociale (stabilité professionnelle, intime, amicale ; dans l’engagement parental ou engagement social) ; L’axe II, « quantité de contact », aborde la question de la fréquence des contacts sexuels avec des enfants.
Cela permet de différencier les pédophiles pour qui le contact sexuel apparaît a la suite d’un surinvestissement de l’enfant, ou qui ont eu au moins 3 contacts sexuels avec le même enfant (grande fréquence de contact) de ceux pour qui le contact avec des mineurs n’est pas sur une habitude de vie, et n’apparait que ponctuellement (faible fréquence de contact).
Il s’en suit une recherche de la motivation (interpersonnelle vs narcissique), chez les sujets ayant une grande fréquence de contact, tandis que c’est le niveau de violence (déterminé par la présence de blessures) qui sera analysé chez les sujets ayant une fréquence faible quantité de contact. Finalement, la violence réduite ou élevée est analysée sous le prisme du sadisme.
L’auteur conclut en affirmant que les nouveaux modèles basés sur une base statistique et non empirique, ainsi que sur une approche multifactorielle, confèrent une plus grande validité aux types proposés. D’autre part, l’exposition médiatique ainsi que les révélations des auteurs d’agressions sexuelles, offrent une plus grande finesse des modèles. Ceux-ci permettent alors une avancée majeure dans l éducation du personnel, et le traitement des agresseurs.
Libellés : pédophilie, piste de reflexions..., Viol
Seine-et-Marne: un violeur de sept fillettes condamné à 14 ans de prison
0 commentaires Publié par cendrynnSeine-et-Marne: un violeur de sept fillettes condamné à 14 ans de prison
Un homme de 39 ans a été condamné jeudi à 14 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Seine-et-Marne pour avoir violé entre 1988 et 1995 sept fillettes de son entourage à Avon (Seine-et-Marne).
Le président de la cour d'assises, Hervé Stephan, a condamné Christophe Besnault à 14 ans de réclusion criminelle et à un suivi socio-judiciaire de 10 ans.
L'avocat général, Marc Mulet, avait requis 20 ans de réclusion criminelle, la peine maximale à l'encontre de M. Besnault.
Sa concubine, Laurence Pasquet, 36 ans, a elle été condamné à cinq ans de prison dont quatre avec sursis. Trois ans de prison avait été requis à son encontre.
Les faits qui sont reprochés à Christophe Besnault ont tous été commis dans le sud du département de la Seine-et-Marne, à Avon, entre 1988 et 1995, sur des fillettes de son entourage, nièces ou cousines pour certaines, âgées à l'époque entre six et 12 ans. Ils leur demandaient qu'elles gardent le silence, parfois à l'aide de cadeaux.
Mme Pasquet a été condamné pour non-dénonciation d?agressions sexuelles, non-empêchement d?un délit contre l?intégrité corporelle, corruption de mineure.
L'affaire a été révélée en août 2007, après que la mère de Laurence Pasquet la pousse à révéler les faits d?agressions sexuelles, voire de viols commis par son concubin, Christophe Besnault, sur sa fille.
Lors de l'audience, Christophe Besnault a reconnu les faits.
Egalement interrogée par le président, Laurence Pasquet a "reconnu tous les faits" qui lui sont reprochés.
Durant son audition, Christophe Besnault a expliqué son "attirance pour les fillettes" et parallèlement "sa peur d?aborder les femmes".
A la sortie de l'audience, Me Audrey Cazenave, avocate de quatre des sept victimes a rappelé que "les premières victimes ont souffert pendant 20 ans".
Libellés : Actualités, pédophilie, Procès
Willy Roelens avait été interpellé à la suite de son signalement fourni par un garçon de 12 ans qui avait osé briser le silence. Lors de son audition, il avait avoué son attirance pour les jeunes garçons. Il traversait la frontière et garait son véhicule en forêt de Raismes, dans la région de Valenciennes. Il sortait ensuite un vélo de sa camionnette, l'enfourchait et parcourait les sentiers et chemins de la base de loisirs à la recherche de proies.
Une fois le contact établi, prétextant vouloir jouer, il demandait à ses futures victimes de le rejoindre près d'un blockhaus, là où son véhicule était garé. Il faisait ensuite monter les jeunes enfants à l'intérieur de sa camionnette où une couchette avait été aménagée et les contraignait à avoir des relations sexuelles. Outre les 16 ans de réclusion, le pédophile belge a été interdit à vie de territoire français.
Un article de Belga, publié sur 7s7 Monde, le 13/11/09
Libellés : Actualités, pédophilie
Un ancien pasteur condamné à 175 ans de prison pour agressions sexuelles
0 commentaires Publié par cendrynnUn ancien pasteur de 75 ans a été condamné vendredi à 175 ans de prison dans l'Arkansas (sud des Etats-Unis) pour avoir eu des relations sexuelles avec des mineures, a indiqué le tribunal.
Bernie Hoffman, alias Tony Alamo, fondateur de l'église chrétienne "Tony Alamo Christian Ministries" a été jugé coupable d'avoir transporté de jeunes mineures hors des frontières de son Etat pour avoir des relations sexuelles avec elles.
Plusieurs femmes, adultes aujourd'hui, ont témoigné et expliqué que cet homme usait de son influence et de son image paternelle auprès des familles pour leur soustraire, lors de ses échappées, les petites filles parfois âgées de seulement 8 ans.
Libellés : Actualités, pédophilie
La cour d'assises d'Angers a commencé à juger, lundi 9 novembre, un couple accusé de plusieurs viols et agressions sexuelles sur mineures qui fut interpellé en novembre 2005 grâce à une alerte média, quelques mois avant la mise en place par le ministère de la justice du système des alertes enlèvement.
Agé de 40 ans, Dominique Guillouche est accusé d'une vingtaine de viols et agressions sexuelles sur mineures entre 1996 et 2005 entre Cholet et Nantes, dont la petite Aurélia, qui fut sa dernière victime. Il encourt trente ans de réclusion criminelle. "Il assumera sa part de responsabilité", a assuré son avocate, Me Elisabeth Gohier, avant l'audience. Son ex-compagne, Alfreda Deneux, 34 ans, est elle aussi sur le banc des accusés.
Le 20 novembre 2005, l'enlèvement au nord de Cholet d'Aurélia, alors âgée de six ans, avait donné lieu à la première alerte dans les médias avec distribution de la photo de la fillette, puis d'un portrait de l'agresseur présumé. Dominique Guillouche avait libéré la fillette à Cholet, le lendemain, puis s'était dénoncé avec son épouse, deux jours après l'enlèvement, avant de se faire interpeller à son domicile.
Il a avoué de lui-même les faits et une série d'autres tentatives d'enlèvements et agressions sexuelles commises sur des mineures depuis plusieurs années. Lundi matin, la cour a décrété un huis clos partiel à la demande des parties civiles, et la plupart des débats de ce procès fleuve seront réservés aux témoins, aux avocats et aux personnes accréditées, parmi lesquelles plusieurs journalistes. Le procès devrait durer cinq semaines.
Un article publié sur Le Monde.fr en collaboation avec l'AFP , le 09/11/09
Libellés : Actualités, pédophilie
C’est une des questions restées sans réponse de l’affaire Evrard. Pédophile multirécidiviste, condamné hier soir par les assises de Douai pour le viol du petit Enis en août 2007 à Roubaix, Francis Evrard a-t-il fait d’autres victimes ?
Lors de sa garde à vue après son arrestation le 15 août 2007, il avait affirmé avoir « connu quarante enfants » dans son parcours criminel, malgré les trente-deux ans de sa vie de sexagénaire passés en détention. « Dans ma vie, j’ai connu une quarantaine d’enfants, mais je n’ai été condamné que pour trois », avait-il déclaré aux enquêteurs de la police judiciaire de Lille. Des proies dont il se souvenait comme des garçons de « 7 à 8 ans », qu’il abordait « facilement » en leur « donnant de l’argent ». Réalisant rapidement la gravité de ses propos, il les avait nuancés, déclarant n’être attiré que par des jeunes hommes de 16 à 20 ans, alors que son dossier prouve le contraire. La justice, qui avait tenté quelques vérifications, n’avait pas tranché. « Il n’y a pas d’éléments précis qui permettent d’impliquer de façon sérieuse Francis Evrard dans d’autres affaires », avait estimé à l’époque le parquet de Lille.
Une « quarantaine » de garçons abusés ?
Interrogé durant le procès sur ses propos en garde à vue, Evrard a de nouveau nié. « C’est vrai, des enfants j’en ai connu beaucoup, mais quarante, ça peut pas être vrai sinon je serais inculpé pour ça », a-t-il expliqué. Bravache, il a même accusé plusieurs d’entre eux de faire de « fausses déclarations ». Par exemple, ce « jeune que j’aurais connu à Hellemmes en 1972, mais à l’époque j’étais interné en Belgique, donc ça peut pas être moi », a-t-il lancé, faisant référence au dénommé Franck Calin, un homme qui a reconnu Evrard lors de son arrestation en 2007, comme son violeur lorsqu’il avait l’âge de 8 ans.
Mais, à l’audience, l’accusé va se faire piéger par l’avocat général. Revenant à la charge, Luc Frémiot l’interroge : « C’est vrai que vous promettez de l’argent aux enfants ? – Oui, parfois, bafouille Evrard. – Et ça marche ? – Oui, parce que comme ça, y a pas de suite », répond sans réfléchir le multirécidiviste. Au final, la cour a préféré en rester là, laissant la question en suspens. Mais dans son réquisitoire hier, l’avocat général n’a exprimé aucun doute sur les présumées victimes « oubliées » de Francis Evrard. Egrenant les prénoms de toutes celles qui sont connues, il a eu également une pensée pour « toutes les autres qui se sont tues pour une poignée de bonbons ou pour un jouet ».
Un article de Bastien Bonnefous, publié sur France Soir.fr, le 31/10/09
Libellés : Actualités, L' Affaire Evrard, pédophilie
Arabie saoudite: un homme condamné à la décapitation et crucifixion
0 commentaires Publié par cendrynnUn jeune homme de 22 ans a été condamné en appel en Arabie saoudite à la décapitation et à la crucifixion pour le rapt et le viol de cinq enfants. Une de ses victimes, âgée de trois ans, a été retrouvée morte dans le désert de Haël.
L'homme, baptisé le "violeur d'enfants", avait été arrêté par la police sur la foi du témoignage d'un enfant de sept ans qu'il avait tenté de violer. Il kidnappait ses victimes dans les cités résidentielles ou en leur proposant de les conduire à l'école.
Le viol, le meurtre, l'apostasie, le vol à main armée et le trafic de drogue font partie des crimes passibles de la peine capitale en Arabie saoudite. Le supplicié est parfois crucifié après son exécution.
Cette année, 56 personnes ont été exécutées dans le royaume.
Un article de SDA-ATS News Service, sur nouvelliste.ch, le 03/11/09
Libellés : pédophilie, Peine de Mort
Un policier incarcéré à la prison de Forest pour des faits de pédophilie a tenté samedi de se suicider, rapporte ce mardi le quotidien La Dernière Heure.
L'homme avait fait l'objet la veille d'insultes de la part de policiers intervenus en prison dans le cadre de la grève ... des policiers qui avaient révélé aux autres détenus la nature des faits pour lesquels il était emprisonné. Il s'est ouvert les veines.
Vendredi, des policiers de la zone de Bruxelles-Midi ont assuré l'ordre à la prison de Forest à la suite du mouvement de grève improvisé du personnel qui apportait son soutien à ses collègues de Louvain. La situation a dégénéré, indique La Dernière Heure sur base de plusieurs sources anonymes.
Des policiers auraient porté des coups à des détenus et placé l'un d'eux au cachot sans raison apparente. Certains policiers s'en sont pris à un ancien collègue détenu à la prison de Forest pour des faits de pédophilie. Ils ont insulté ce dernier et cité devant les autres détenus la raison de la détention de leur ancien collègue.
Ce dernier a été trouvé baignant dans son sang samedi matin par le personnel de la prison. Il s'était ouvert les veines. Ses jours ne sont pas menacés.
Le service de contrôle interne de la police de Bruxelles-Midi s'est rendu à la prison et une plainte a été déposée, précise le quotidien.
Article de RTL Info, publié le 03/11/09
Libellés : pédophilie
L'avocat de Fourniret fait valoir la prescription pour un meurtre
0 commentaires Publié par cendrynnArticle publié dans Belga, le 01/10/09
Une requête en prescription a été déposée mercredi devant la justice française par l'avocat de Michel Fourniret, concernant l'assassinat en 1988 de Farida Hammiche, pour lequel le tueur en série a été inculpé en juin, a indiqué jeudi Me Grégory Vavasseur.
Une requête en prescription a été déposée mercredi devant la justice française par l'avocat de Michel Fourniret, concernant l'assassinat en 1988 de Farida Hammiche, pour lequel le tueur en série a été inculpé en juin, a indiqué jeudi Me Grégory Vavasseur. "Les faits datent d'avril 1988 et il n'y a eu aucun acte dans les dix années qui ont suivi, donc selon moi il y a prescription", a déclaré l'avocat.
Farida Hammiche, compagne d'un braqueur et ancien compagnon de cellule de Michel Fourniret dans les années 1980, Jean-Pierre Hellegouarch, a disparu courant avril 1988 près de Clairefontaine, en région parisienne. Sa disparition ne sera signalée qu'en avril 1998 par M. Hellegouarch. Un mois avant sa disparition, la jeune femme, dont le corps n'a jamais été retrouvé, avait aidé Fourniret à déterrer les lingots et pièces d'or des braqueurs, le "gang des postiches". Grâce à ce butin, Michel Fourniret et sa femme Monique Olivier s'étaient acheté le manoir du Sautou dans les Ardennes, où des victimes du couple ont été découvertes par la suite enterrées. Michel Fourniret, inculpé en juin pour "assassinat" et "recel de vol à main armé", a reconnu le meurtre de Mme Hammiche devant la police belge, selon Me Vavasseur.
Me Richard Delgenes, l'avocat de Monique Olivier, inculpée en mai dans la même affaire pour "complicité d'assassinat" et "recel de vol à main armée", a indiqué avoir déposé en septembre une requête en prescription similaire. Le parquet de Versailles a pour sa part requis le rejet des requêtes en prescription, a indiqué le procureur Michel Desplan.
Fourniret et sa femme sont poursuivis pour "recel de vol à main armée" de courant 1994 à 2004 mais leurs avocats contestent les dates de leurs inculpation. Michel Fourniret et Monique Olivier ont été condamnés en mai 2008 à perpétuité pour sept meurtres de jeunes filles entre 1987 et 2001.
Libellés : L'Affaire Fourniret, pédophilie
- 4 avril 1942 : Naissance de Michel Fourniret à Sedan
- 1966 : Première condamnation de Fourniret pour attouchements sur mineurs ( prison avec sursis)
- 1981 : Tentative d’enlèvement d’une mineur dans la region d’etampes
- 1982 : Viol de Dahina Le Guennan
- 1983/84 : Plusieurs tentatives d’enlèvements, d’aggressions, et de viols sur mineurs dans la région parisienne. Il sera placé en détention préventive en attendant son procès.
- 1987 : Rencontre de Monique Olivier par le biais d’une petite annonce publiée dans le magasine « le Pèlerin »
- 26 juin 1987 : Condamnation de Michel Fourniret à 7 ans de prison (dont 2ans avec sursis) et 3 ans de mise à l’epreuve par la Cour d'Assises de l’Essone. Il sera incarceré à la prison de Fleury-Mérogis.
- Octobre 1987 : Michel Fourniret sort de prison et s’installe avec Monique dans l’Yonne.
- 11 décembre 1987 : Enlèvement et meurtre d’Isabelle Laville, 17 ans. ( nb : Monique affirme également un viol, ce qu'à toujours nié Fourniret).
- Avril 1988 : Meurtre de Farida Hamiche et vol probable du butin du "gang des postiches"
- 8 juillet 1988 : Meurtre de Marie-Angèle Domece, une jeune fille de 18 ans souffrant d’une déficience mentale
- 4 aout 1988 : Viol et meurtre par balle de Fabienne Leroy, à Chalons-en-Champagne
- 18 mars 1989 : Meurtre de Jeanne Marie Desramault, 22 ans à Charleville-Mèzieres
- 20 décembre 1989 : Enlèvement et meurtre d’Elisabeth Brichet, 12 ans, à Namur en Belgique
- 21 novembre 1990 : Enlèvement et meurtre de Natacha Danais, 13 ans, retrouvée poignardée près de Nantes
- juillet 1994 : Tentative d'enlèvement d'une infirmière sur un parking d'un hôpital de Bruxelles
19 janvier 1995 : Tentative de viol sur une commerçante, près de Namur en Belgique
Février 2000 : Tentative d'enlèvement de Sandra N. sur un quai de gare à Gedinne
16 mai 2000 : Enlèvement et meurtre de Céline Saison à Charleville-Mézières
5 mai 2001 : Enlèvement et meurtre de Mananya Thumpong à Sedan
26 juin 2003 : Enlèvement de Marie Ascension : Michel Fourniret sera arreté quelques heures plus tard.
28 juin 2004 : Arrestation et aveux de Monique Olivier
1er juillet 2004 : Aveux de Michel Fourniret
27 mars 2008 : Ouverture du procès de Michel Fourniret et Monique Olivier devant la Cour d'Assises de Charleville-Mézières.
28 mai 2008 : Verdict du procès : Michel Fourniret et Monique Olivier sont condamnés par le jury de la cour d'assises des Ardennes à une peine de prison à perpétuité. Incompressible pour lui, accompagnée d'une mesure de sûreté de vingt-huit ans pour elle. Fourniret a été reconnu coupable du meurtre aggravé de sept jeunes filles. Monique Olivier a été reconnue coupable de complicité dans plusieurs de ces meurtres.
Libellés : L'Affaire Fourniret, pédophilie
Il aurait étranglé Farida Hammiche en avril 1988, après avoir récupéré une partie du butin du gang des postiches sur les indications d'un ancien codétenu.
Michel Fourniret a été mis en examen jeudi au tribunal de Versailles pour "assassinat" et "recel de vol à main armée" dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Farida Hammiche en avril 1988. L'épouse du tueur en série, Monique Olivier, a été mise en examen dans la même affaire le 25 mai pour "complicité d'assassinat" et "recel de vol à main armée".
Farida Hammiche était la compagne d'un ancien compagnon de cellule de Michel Fourniret dans les années 80, Jean-Pierre Hellegouarch, un braqueur. Quand Fourniret est libéré en octobre 1987, les deux hommes restent en contact par le biais de Farida. Plus tard, Hellegouarch apprend que des lingots d'or appartenant au gang des postiches ont été cachés dans un cimetière du Val-d'Oise. La confidence lui est faite par un codétenu italien qui dit avoir assisté à la dissimulation du magot par un membre du gang des postiches.
En 1988, Hellegouarch, qui veut récupérer cet or avant d'autres, pense alors à Fourniret pour l'y aider. Avec Farida, il devra aller déterrer les lingots et pièces d'or - "peut-être 80 kg", selon Hellegouarch. Guidé sur les lieux par la compagne de ce dernier, Fourniret accomplira la mission. Mais un mois plus tard, il emmène Farida dans une zone isolée du côté de Clairefontaine où il l'étrangle puis enterre son corps. Le corps n'a jamais été retrouvé, et l'affaire n'a pas été jointe à la série de sept homicides jugés. Grâce à ce butin, le couple s'était acheté le manoir du Sautou dans les Ardennes, où d'autres victimes ont été découvertes par la suite enterrées. Michel Fourniret et Monique Olivier ont été condamnés en mai 2008 à perpétuité pour sept meurtres de jeunes filles entre 1987 et 2001.
Source
Libellés : L'Affaire Fourniret, pédophilie
Par Jamila Aridj, publié sur le Point.fr, le 15/05/08
Monique Olivier a craqué. L'épouse du tueur en série présumé Michel Fourniret, qui comparaît à ses côtés pour complicité devant la cour d'assises des Ardennes, a fondu en larmes jeudi après-midi, près d'un mois après l'ouverture du procès.
Alors que la cour écoutait le témoignage d'un médecin légiste belge qui avait procédé à l'autopsie du corps de Céline Saison, une lycéenne de 18 ans tuée en 2000 en Belgique, celle que son mari a longtemps appelée sa "mésange" a été secouée de sanglots pendant quelques minutes. Le soir du meurtre de Céline, Fourniret lui avait raconté les faits Face au mutisme dans lequel s'est plongé son mari depuis le début du procès "faute de huis clos", les avocats de la partie civile ont vivement interpellé Monique Olivier sur son absence de réaction. "Elle participe autant que faire se peut. [...] Avec nous, elle craque. Il y a des jours, il faut que cela sorte", a expliqué Me Jean-Paul Delgenes, un de ses trois avocats commis d'office. Après avoir séché ses larmes, la complice de Fourniret a refusé de répondre à une question de l'avocat de la famille Saison, Me Hervé Dupuis. "Posez la question à Michel Fourniret", s'est-elle contentée de lâcher, des tremblements dans la voix. Pourtant, Monique Olivier connaît les faits.
Le soir du meurtre de Céline Saison, Fourniret lui avait détaillé son crime et montré le visage de sa victime sur des photos retrouvées dans le sac de la lycéenne. Couple diabolique "Une automate", c'est le mot qu'utilise Monique Olivier pour se qualifier. "Avec Michel Fourniret, on ne peut pas s'opposer", avait-elle admis le 2 avril dernier, au cinquième jour d'audience, après avoir exprimé des regrets pour sa participation à certains crimes reprochés à son mari sans pouvoir expliquer sa passivité. Cette mère de trois enfants a scellé son destin avec Fourniret en répondant à une petite annonce publiée le 12 septembre 1986 : "Prisonnier aimerait correspondre avec personne de tout âge pour oublier la solitude". L'Ogre des Ardennes cherchait à l'époque l'âme soeur depuis sa cellule de Fleury-Mérogis où il purgeait une peine pour plusieurs agressions sexuelles. Obsédé par la virginité, Fourniret était à l'époque devenu furieux lorsqu'il avait appris que sa bien-aimée avait déjà connu d'autres hommes avant lui. Au fil de leurs correspondances épistolaires, elle lui avait promis de l'aider à trouver des filles vierges. Le couple diabolique était formé.
Libellés : L'Affaire Fourniret, pédophilie
Par Jamila Aridj, publié sur le Point.fr, le 15/05/08
Un procès dans le procès. Jeudi matin, pour la première fois, Michel Fourniret a commencé à décrire les sept crimes dont il est accusé au cours de la 27e audience devant la cour d'assises des Ardennes. Le tueur en série présumé a décidé, comme promis la semaine dernière, de sortir de son mutisme et de parler. Fourniret s'est comparé d'emblée à un braconnier chassant de manière aléatoire, "ne sachant pas s'il va ramener un faisan, un garenne ou rien du tout".
L'Ardennais a également renforcé ses accusations contre son épouse et co-accusée Monique Olivier, qu'il a qualifiée de "transparente" et de "menteuse". Face aux familles des victimes, le tueur en série présumé a commencé son récit ponctué de détails. Interrogé par l'avocat de la famille d'Isabelle Laville, première victime présumée du tueur en série, Fourniret a nié avoir procédé à des repérages comme l'a encore soutenu jeudi Monique Olivier, mais a reconnu avoir prémédité l'enlèvement de la jeune femme.
Couple Diabolique
Le 11 décembre 1987, Isabelle Laville rentre du lycée quand sa route croise celle de Monique Olivier conduisant une voiture sur une route isolée. Au volant de sa Peugeot 304, la compagne de Fourniret s'arrête à la hauteur de la jeune fille et lui demande de monter pour l'aider à trouver son chemin. Isabelle accepte.
Quelques mètres plus loin, la conductrice s'arrête à la hauteur d'un homme faisant mine d'être en panne avec un bidon d'essence à la main. C'est Michel Fourniret. Le couple diabolique ramène ensuite Isabelle, droguée avec des calmants, à son domicile de Saint-Cyr-les-Colons (Yonne). Elle y aurait été violée en réunion avant d'être étranglée par Michel Fourniret. Le corps d'Isabelle est découvert 19 ans plus tard, en 2006, sur les indications de Michel Fourniret, gisant au fond d'un puits. Cet enlèvement était la première concrétisation du pacte criminel passé entre Michel Fourniret et Monique Olivier à la sortie de prison de celui-ci. Il promettait à sa future femme de récupérer ses enfants et de tuer ses précédents maris tandis qu'elle acceptait d'entrer dans son fantasme de virginité.
"État second"
À Me Alain Behr qui s'étonne du ''hasard'' de cette rencontre avec la lycéenne, l'accusé lui répond qu'elle "a été l'instrument du destin placé sur la route de [sa] préméditation". Fourniret nie toujours avoir violé la jeune fille et "charge" son épouse : "Les médicaments ingérés par Isabelle Laville, c'est Monique qui les a donnés", soutient l'Ardennais. Interrogé aussi sur un sentiment de toute-puissance au moment de la mise à mort, l'ogre des Ardennes a soutenu qu'il ne pouvait répondre, qu'il était dans un "état second". Au cours de l'audience, les deux accusés ont été également interrogés sur le meurtre de Fabienne Leroy, tuée d'un coup de fusil le 4 août 1988. Fourniret reconnaît avoir pris l'initiative d'aborder la jeune femme à Reims. Elle sera violée dans un champ. "Pourquoi avoir ressenti le besoin de la tuer ?", lui demande Me Gérard Chemla, avocat de la famille. "Je remplacerai le terme de besoin par celui de nécessité de préserver l'anonymat", répond Fourniret. Un peu plus tôt dans la matinée, le tueur en série présumé a également détaillé sa rencontre avec Marie-Ascension, l'adolescente belge de 13 ans qui a permis son arrestation le 26 juin 2003. "Il y avait une intention de sabordage", a-t-il expliqué au sujet de ce kidnapping raté. Fourniret raconte que ce jour-là, il sortait "d'une maison qui sentait la vinasse", qu'il était "dans un fiasco familial et dans un fiasco à Sart-Custinne [son domicile belge]". "Je ne sais pas où j'en étais", conclut-il.
Libellés : L'Affaire Fourniret, pédophilie
Compte-rendu d'Hélène Lecomte, publié sur LCI.fr, le 06/05/08
Quand sa mère est arrêtée, M., le fils aîné de Monique Olivier, a 24 ans, un peu d'argent en poche et son premier réflexe, c'est de prendre un billet de train. Aller-retour jusque chez les Fourniret, plus de 1000 kilomètres, une seule idée en tête, récupérer leur fils, S., son demi-frère, le sortir de là et l'emmener très loin, jusque chez son père à lui : le premier compagnon de Monique Olivier. André Michaux est surpris d'abord, puis il accueille comme une évidence l'arrivée de ce jeune homme, l'enfant du couple qui aurait conclu un pacte sur sa tête, tenté, il en est sûr, à plusieurs reprises de lui faire la peau. "Il est arrivé, je l'ai protégé, j'ai fait comme si c'était le mien" explique André Michaux.
"Il fallait l'aider contre ses éventuels débordements"
Comme si c'était le sien, il s'en est occupé, comme de ses deux garçons quand Monique Olivier s'en va. "C'était pas mon rôle (de les prendre en charge, ndlr), j'aurais bien aimé lui laisser les enfants". Mais quand le juge donne la garde à leur mère, "à ce moment-là on ne l'a plus revu". Celui qui fut la cible des Fourniret élève donc seul les deux garçons, même quand il tire le diable par la queue, puis avec son aîné il en recueille un troisième. Ils font abstraction de son passé, de tout ce qu'il a vécu, tentent de lui sortir la tête de l'eau. Et aujourd'hui S. est indépendant, il travaille, il a même un CDI. Sa mère se souvient peut-être qu'elle aussi, rejetée par son frère, a été accueillie par celui de Michel Fourniret. Quand il part en prison, elle frappe à sa porte, son fils sous le bras, les créanciers sur le dos. "On a donc répondu présent et comme il y avait un enfant et quelque chose que l'on devinait dangereux du côté de Michel, il fallait l'aider contre ses éventuels débordements".
Une histoire qui se répète. En 1984 déjà, autre femme, autre époque mais même moeurs pour Michel Fourniret. Sa seconde épouse, Nicole, est elle aussi criblée de dettes avec un mari incarcéré, poursuivi pour des agressions sexuelles. Nicole, témoin elle aussi au procès, et qui dort chez André, le grand frère, avant de venir déposer. Solidaire, cet aîné l'est aussi avec les familles de victimes. André admet sincèrement qu'il préfère être à sa place, malgré les soucis, plutôt qu'à la leur. Il se tourne vers ce banc des parties civiles : "Pour nous, ce n'est pas de la douleur ; à côté des familles, je ne me sens pas le droit de me plaindre. L'affection que je vous porte est forte". Les yeux dans les yeux, André leur demande si elles l'acceptent : "nous l'acceptons", souffle la mère de Fabienne Leroy, la deuxième victime. "Si un jour ils ont besoin de quelque chose, un avis, un conseil, je m'efforcerai toujours de le leur apporter". Et les parties civiles le remercient, lui, le frère de l'assassin. Bien sûr, André a changé son nom à 74 ans, "pour mes correspondants, mes interlocuteurs, c'était une marque de politesse".
Le dernier des Fourniret
Bien sûr aujourd'hui, plus personne ne veut s'appeler Fourniret, ses ex-femmes vivent sous leur nom de jeune fille, trois de ses enfants ont pris le nom de leur mère. "Qui porte encore votre nom aujourd'hui ?", lui demande le président. L'accusé est donc le dernier des Fourniret. Le seul aussi qui refuse de parler de lui et des siens mais qui, tout comme Monique Olivier demeure à jamais une maman pour son grand fils, reste un frère pour son aîné, le Michel un peu bourru mais sympa, le pseudo-intellectuel qui veut épater la galerie, le bluffeur qui peut redevenir "gentil quand on manifeste une force supérieure à la sienne".
André oscille donc entre deux extrêmes : il n'a pas envie de défendre un assassin d'enfants mais ne veut pas non plus attaquer trop fort le même sang que le sien. Ce même André pense avoir compris que si son frère se mure dans le silence, c'est pour mieux se protéger de l'insupportable qu'il reconnaît avoir commis ; il demande à la cour de ne plus l'importuner, de ne pas le forcer à parler : "Vous en savez assez". Et ce grand frère ne coupe pas les ponts, ne ferme pas la porte à une éventuelle rencontre. Il montre surtout que chez lui, un Fourniret pourtant, même s'il ne porte plus ce nom, il peut aussi y avoir du bon.
Libellés : L'Affaire Fourniret, pédophilie
Le Verdict Tombe
Ce qu'en disent les médias...
01/10/09 L'avocat de Fourniret fait valoir la prescription pour un meurtre - Belga
26/06/09 Fourniret mis en examen pour "assassinat" - Le Nouvel Obs
15/05/08 Procès Fourniret : Les larmes de Monique Olivier
15/05/08 Fourniret se présente comme un "braconnier"
06/05/08 Et malgré tout... l'esprit de famille
06/03/08 Le cauchemar d'une proie - Le Figaro
09/08/04 Comment il s'est mis à tuer... - L'Express
Libellés : L'Affaire Fourniret, pédophilie
par Laurent Chabrun, Eric Pelletier, Jean-Marie Pontaut, publié le 09/08/04 sur lexpress.fr
Face aux enquêteurs, le monstre des Ardennes est revenu sur ses crimes commis, à la fin des années 1980, dans la région d'Auxerre. Des dossiers non élucidés sont rouverts et les proches des victimes demandent des comptes à la justice.
Au fil des interrogatoires, les aveux glaçants du tueur en série Michel Fourniret, et notamment le récit de ses crimes dans la région d'Auxerre, traduisent une personnalité égocentrique, imperméable au remords et à la douleur des familles. Ses déclarations devant les enquêteurs belges et français détaillent, de façon quasi clinique, ses premiers pas dans le terrible itinéraire criminel au cours duquel il tuera à au moins neuf reprises. Des premières confessions, froidement livrées, qui permettent désormais de comprendre comment Michel Fourniret a fait ses débuts dans l'horreur.
C'est en octobre 1987, à sa sortie de Fleury-Mérogis, que Michel Fourniret s'installe discrètement à Saint-Cyr-les-Colons, un paisible village proche d'Auxerre. Il a définitivement quitté Clairefontaine-en-Yvelines, en région parisienne, où vivent encore sa deuxième femme et ses deux filles. Pendant sa détention - il a été condamné à sept ans de prison pour viols de mineurs et libéré après quatre années, dont trois de préventive - il a connu Monique Olivier, sa «visiteuse», rencontrée par une petite annonce passée dans un journal catholique. Elle est devenue sa compagne. Ils ont décidé d'avoir un enfant et de se marier. Ensemble, ils ont vaguement l'intention de monter un gîte rural à Saint-Cyr-les-Colons, pour accueillir les randonneurs des sentiers chablisiens...
Le couple prend ses quartiers dans une maison d'un étage à la façade anonyme qui, le long de la rue principale, s'ouvre sur la place de l'église. La bâtisse appartient au beau-père de l'ex-détenu, décédé deux ans plus tôt et inhumé dans le cimetière communal. Dans le village, on se souvient de Fourniret comme d'un homme discret allant chercher du lait à la ferme voisine, vivant de petits travaux de maçonnerie au noir. Aux yeux du monde, sa compagne n'existe pas. Fourniret impose en effet à Monique un véritable enfermement physique et psychologique. Elle ne sort jamais et reste pour les voisins un véritable fantôme.
Le 11 décembre 1987, la 304 sombre des Fourniret ralentit devant le collège Bienvenu-Martin, à la sortie ouest d'Auxerre. En cette veille de week-end, à la fin des cours, l'endroit est très fréquenté. Monique Olivier est au volant, son compagnon assis sur le siège passager. Celui-ci laisse aujourd'hui entendre, sans convaincre, qu'ils passaient là par hasard. «J'ai remarqué une jeune piétonne qui marchait dans le même sens que nous. Sans réfléchir, j'ai dit à Monique d'accélérer et elle m'a déposé un peu plus loin, raconte Fourniret aux enquêteurs d'une voix monocorde, le 30 juin dernier. J'avais pris un bidon d'essence dans la voiture.» Il demande à Monique d'aborder la collégienne pour lui indiquer son chemin. «La jeune fille a accepté de l'accompagner et Monique est revenue dans ma direction. J'ai fait le geste d'un auto-stoppeur. Monique s'est arrêtée et je suis monté à l'arrière, explique Fourniret. Comme à son habitude, Monique roulait lentement.»
Soudain, tout bascule: «J'ai saisi les cheveux de la passagère pour la maîtriser. (...) Nous sommes sortis de l'agglomération et, dans un chemin à l'écart, j'ai fait passer la jeune fille à l'arrière et j'ai pris le volant.» «Instinctivement», dit-il, il enclenche la sécurité enfant qui bloque les portières. «J'ai roulé sans but jusqu'à la tombée de la nuit et nous sommes retournés jusqu'à chez nous, à Saint-Cyr-les-Colons.» C'était la première fois, selon lui, que Monique était «témoin d'une telle situation». Fourniret entraîne sa victime «dans une chambre à l'étage de la maison». Il décrit alors ce qui se reproduira à plusieurs reprises dans sa longue course meurtrière: une tentative de viol et un blocage devant la résistance de l'adolescente. Et, comme une évidence, il ajoute: «La seule solution pour moi, pour me sortir de cette situation dans laquelle je m'étais mis, était de la tuer.»
Le couple porte le corps jusqu'à la voiture et roule plusieurs dizaines de kilomètres dans la nuit. «Sur la droite de la route, à un moment donné, je trouvai un ancien transformateur électrique, en brique rouge, désaffecté.» Fourniret affirme avoir jeté sa victime dans un puits de dispersion tout proche. Lors d'une deuxième audition, l'assassin donne même un détail géographique supplémentaire qui incite aujourd'hui les enquêteurs à restreindre leurs recherches à un triangle de quelques dizaines de kilomètres carrés, situé entre Auxerre et Migennes.
La jeune fille de 17 ans, timide et réservée, qui regagnait à pied son domicile, à 800 mètres de l'école, s'appelait Isabelle Laville. Ses parents s'étaient installés quelques mois plus tôt à Saint-Georges-sur-Baulche, une commune à la périphérie d'Auxerre. Les Laville ont vécu les aveux de Fourniret comme un nouveau coup de poing à l'estomac. «Je me suis revu dans les tout premiers jours, recherchant Isabelle, témoigne, les yeux rougis, son père, Jean-Pierre, qui était à l'époque directeur de supermarché. Dès les premières heures, j'étais sûr qu'il ne pouvait s'agir d'une fugue. Il était forcément arrivé quelque chose. Vous savez, elle nous quittait rarement, comme si elle ne souhaitait pas prendre sa liberté. Ma femme s'est rendue au collège, a appelé nos amis. Lorsque je suis rentré à la maison, vers 20 heures, j'ai repris la voiture. C'était l'un des tout premiers jours de décembre si froids. J'ai refait le chemin, cherché partout, même dans les jardins ouvriers et les bois environnants.» Au matin débutent des fouilles de grande ampleur. Gendarmes et policiers ratissent le terrain. Les pompiers sondent l'Yonne. Un hélicoptère scrute le ciel. La disparition d'Isabelle suscite une réelle émotion à Auxerre. Les membres du club de foot, notamment Guy Roux et Basile Boli, se mobilisent. En vain...
J'ai dû reprendre mon travail à Casino un mois après la disparition de ma fille. C'était ça ou le suicide», s'excuse presque Jean-Pierre Laville. Mais, désormais, c'est aussi la colère qui l'anime. A Auxerre, quelqu'un a systématiquement classé ce dossier, et pas par inadvertance, assure le père d'Isabelle Laville. Une enquête sérieuse aurait pu permettre de confondre Fourniret. Nous n'aurions peut-être pas pu sauver Isabelle, mais les autres?» Son avocat se montre encore plus incisif: «Une gamine disparaît un soir le long d'une route et on ne se pose pas la question de l'éventuelle implication d'un criminel sexuel habitant à quelques kilomètres de là», dénonce aujourd'hui Me Alain Behr.
L'indigent traitement judiciaire du «dossier» Isabelle Laville a été étudié de près à l'occasion d'une opération d'inspection générale que le ministre de la Justice a ordonnée au tribunal de grande instance d'Auxerre, en décembre 2001, après l'affaire Emile Louis. Les magistrats locaux n'avaient, en effet, pas non plus pris en compte les disparitions de jeunes handicapées mentales, attribuées depuis à cet autre tueur en série qui sévissait dans la région au début des années 1980. Du coup, l'Inspection des services judiciaires avait décortiqué tous les dossiers non élucidés, dont celui concernant Isabelle Laville.
Les enquêteurs ont alors constaté que l'affaire Laville avait été correctement gérée par le parquet d'Auxerre dans les premières semaines qui ont suivi la disparition de la jeune fille. Le substitut du procureur, Frédéric Clot, avait coordonné le travail de recherche des gendarmes, sollicité la presse locale afin que des avis de disparition soient publiés et personnellement suivi les investigations. Mais il n'avait, en revanche, pas ouvert d'information judiciaire et donc aucun magistrat instructeur n'avait alors été désigné pour poursuivre l'enquête. En conséquence, le dossier Laville a été classé, deux fois - autre bizarrerie du tribunal d'Auxerre. Une première fois le 14 janvier 1988, par le procureur André Ride lui-même, et une deuxième fois le 7 juin 1988, par le substitut Frédéric Clot...
L'Inspection des services judiciaires n'a, pourtant, pas relevé de faute de la part des magistrats d'Auxerre, qui n'étaient pas, à proprement parler, dans l'obligation d'ouvrir une information judiciaire. Aucun corps n'avait été retrouvé et l'hypothèse d'une fugue d'Isabelle Laville restait envisageable. Mais en refusant de donner à cette enquête les développements qu'elle méritait, la justice s'est mise dans l'incapacité de traquer Fourniret, un homme au casier judiciaire chargé, condamné aux assises pour des viols et des agressions sexuelles et placé sous le contrôle d'un juge d'application des peines après sa libération.
La famille Laville n'est pas la seule à demander des comptes à la justice. D'autant que l'ombre de Fourniret plane sur d'autres affaires non résolues.
Lorsqu'elle disparaît à son tour, le 8 juillet 1988, Marie-Angèle Domece souffre d'un léger retard mental et ne fait pas les 19 ans qu'elle s'apprête à fêter. Comme pour Isabelle, on perd sa trace un vendredi soir, à la sortie de son institution spécialisée d'Auxerre. Cette enfant placée par la Ddass s'apprête alors à prendre le train qui doit l'emmener chez sa nourrice, à Migennes, à 25 kilomètres de là. La révélation de l'implication des Fourniret dans l'assassinat d'Isabelle Laville a relancé ce dossier inabouti. D'autant que la tante de Marie-Angèle habite Saint-Cyr-les-Colons. Comme Fourniret à cette époque... Ces éléments troublants ont d'ailleurs permis à Me Pierre Gonzalez de Gaspard, l'avocat des parties civiles, d'obtenir une prochaine audition du tueur en série dans ce dossier.
En attendant, dans son petit appartement d'Avallon (Yonne), Claude Domece, le père de Marie-Angèle, et Véronique, son autre fille, se débattent avec leurs tourments intérieurs. «Quelques jours après sa disparition, lâche le père de Véronique, on m'a dit que Marie-Angèle avait été aperçue discutant avec un couple étrange dans Auxerre. On l'a vue sortir avec un petit sac de sport alors qu'elle avait laissé tous les vêtements de la semaine dans sa chambre. On a d'abord pensé qu'elle avait pu partir avec un petit copain. «A 75 ans, il me restait une ambition: finir ma vie paisiblement. Je n'aurai même pas cette chance», conclut Claude Domece.
Si ni Michel Fourniret ni sa compagne n'ont évoqué le cas Domece, ils ont mis les enquêteurs sur la piste d'un autre crime commis près d'Auxerre. Un crime sans cadavre. Fourniret, qui habite encore à Saint-Cyr-les-Colons, a besoin d'argent. A l'arrêt sur un parking de l' «autoroute Paris-Sens», à la nuit tombée, il remarque un homme seul qui regagne sa voiture, «une grosse Peugeot». Fourniret met en joue l'automobiliste, «un représentant de commerce», se souvient-il, et réclame son portefeuille. Lorsque celui-ci lui jette avec dédain sa veste à la figure, Fourniret tire au fusil de chasse, pensant, dit-il, l'avoir «touché à l'abdomen». Dans sa fuite, il prend le temps d'aviser les secours depuis une borne d'autoroute. Dans la veste, Fourniret ne découvre qu'une «carte de téléphone, des chewing-gums et une carte d'identité». Le tueur en série se souvient même vaguement du nom qui figurait sur le document d'identité: «Piquina» ou «Viguina».
Les souvenirs semblent précis. Et pourtant, aussi incroyable que cela paraisse, aucun incident de ce type ne semble avoir été enregistré par les services de police ou de gendarmerie à l'époque! Le seul rapprochement qui peut être esquissé concerne une femme, représentante de prêt-à-porter, assassinée dans sa voiture sur une aire de l'autoroute A 26 et dont le corps a été retrouvé enterré dans les bois, en octobre 1988...
Le tueur en série n'a pas, on le voit, livré tous ses secrets. Un seul de ses crimes, hormis celui qu'il revendique sur l'autoroute, répondra à un mobile non sexuel. C'est en effet pour de l'argent qu'il tua la femme de son ancien compagnon de cellule, Jean-Pierre Hellegouarch, qui avait commis l'imprudence de lui confier l'endroit où était dissimulé un trésor en lingots d'or: le reliquat du butin du gang des postiches. «Il n'y avait là aucun aspect d'agression sexuelle, mon but unique était un transfert de propriété», précisera cyniquement Fourniret aux enquêteurs belges.
C'est grâce au magot des «postiches» qu'il a pu quitter Saint-Cyr-les-Colons et s'acheter la propriété de Sautou, dans les Ardennes. Un nouveau «terrain de chasse».
Libellés : L'Affaire Fourniret, pédophilie
Par Charlotte Menegaux, publié le 06/03/08 sur le Figaro.fr
À 14 ans, la jeune fille a été enlevée et violée par le pervers. Elle était lundi au nombre des victimes reçues à l'Élysée.
Dahina Le Guennan fourbit ses armes. Le 27 mars, elle quittera son vaste appartement de Cholet (Maine-et-Loire) et montera au front à Charleville-Mézières pour le début du procès de Michel Fourniret, où elle sera témoin. Cette belle métisse de 40 ans, aujourd'hui séparée et mère de trois enfants, conserve encore les stigmates de son viol, à 14 ans, par celui qui deviendra l'Ogre des Ardennes. «Tout le monde n'est pas réinsérable, les gens qui représentent un réel danger doivent rester en prison», martelait-elle encore lundi, à l'issue de sa rencontre avec Nicolas Sarkozy.
Le 4 septembre 1982, elle sort de la gare d'Épernon (Eure-et-Loir) à 22 h 40 et entame le kilomètre de marche à pied qui la sépare de chez elle. C'est là que Michel Fourniret surgit, une fiole de vitriol à la main, et menace de la défigurer si elle ne monte pas dans sa voiture. Il se présente alors comme un truand en fuite, lui dit qu'elle est son «otage», et la «noie dans un flot de paroles». Le tout «très courtoisement», à coups de mademoiselle et de vouvoiement.
L'instinct de survie de l'adolescente lui intime l'ordre de ne pas aller contre la volonté de cet homme étrange. Elle ne proteste pas lorsqu'il s'arrête dans un champ. Tétanisée, elle ne se débat pas quand il l'attache avec des cordes, bascule son siège et s'excuse après l'avoir violée. «Penaud», il la ramène chez elle, et tente de lui faire croire qu'«il ne s'est rien passé de grave».
Seule face à son agresseur
Elle le reverra deux ans plus tard, au moment où elle s'y attend le moins. «Vous pouvez faire entrer M. Fourniret !» entend-elle alors qu'elle est simplement venue signer sa déposition chez le juge. Seule face à son agresseur, qui vient d'être arrêté pour d'autres faits, et à son «brutal» avocat, elle tente alors d'expliquer pourquoi elle ne s'est pas débattue le soir du viol. «J'étais la victime, mais à les entendre, c'était moi qui lui avais sauté dessus», fulmine-t-elle en repensant à la scène. Même tonalité au procès, en 1987, devant la cour d'assises d'Évry, qui juge Fourniret pour une série d'agressions sexuelles : «Les jurés avaient l'air plus touchés par ses excuses, par son attitude humble et contrite, que par ma propre peine», se souvient-elle, non sans amertume. À l'issue de débats interminables sur la qualification pénale du viol, Michel Fourniret s'en sort avec cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour «attentat à la pudeur».
Après avoir «touché le fond» en tentant trois fois d'en finir, Dahina refait surface au fil des ans. «On n'est pas voué à être victime toute sa vie» lance-t-elle, de son ton incisif et espiègle à la fois. Bien plus tard, en 2004, lorsque le couple Fourniret passe aux aveux et qu'on apprend l'étendue de ses crimes, elle prend l'affaire à bras-le-corps en multipliant les rencontres avec avocats, enquêteurs et familles de victimes. Rejetant tout sentiment de culpabilité, dont celui notamment «d'être vivante, contrairement aux autres filles», elle concentre son combat sur «les lacunes de la justice et de la police». Dahina veut comprendre : «Comment Fourniret a-t-il pu passer si souvent entre les mailles du filet ?» s'interroge-t-elle sans cesse. Avec l'espoir, teinté de scepticisme, que le procès lève un peu le voile sur ces dysfonctionnements.
* Dahina Le Guennan publie le 10 mars prochain «Sous France» avec Frédéric Mazé et Laurent Lèguevaque (Villèle éditions).
* Le livre de Dahina Le Guennan et de Jean-François Abgrall «Inavouable vérité» est paru chez Albin Michel en 2006.
Le témoignage de Dahina Le Guennan en vidéo
Libellés : L'Affaire Fourniret, pédophilie
La chaîne médico-judiciaire pointée du doigt dans le procès Evrard
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Valérie de Saint-Félix, juge d'application des peines au tribunal de Rouen, a notamment eu beaucoup de difficultés à expliquer comment le dossier d'Evrard a pu rester un mois sur son bureau sans que personne ne s'en préoccupe, laissant l'ancien détenu sans aucun suivi judiciaire après sa sortie de prison de Caen le 2 juillet 2007.
"J'étais en vacances du 16 juillet au 13 août 2007", s'est-elle justifiée, disant avoir pris connaissance du dossier le 16 août, au lendemain du drame à Roubaix. Selon elle, ce dossier arrivé le 13 juillet au tribunal de Rouen "ne faisait pas l'objet d'un signalement particulier". Mais elle a reconnu qu'il "n'a pas eu un parcours normal". "Il y a eu une carence de service donc", résume l'avocat général Luc Frémiot.
Un système de permanence avait pourtant été mis en place pour pallier l'absence de la magistrate. Pourtant, personne ne s'est préoccupé du dossier Evrard et Valérie de Saint-Félix n'a pas eu de réponse pour expliquer ce dysfonctionnement.
Faute de saisine de la part du JAP, le service pénitentiaire d'insertion et de probation de Rouen n'a pu mettre en place le suivi d'Evrard, qui devait voir le juge le 24 août. Frédérique Clément, conseillère d'insertion et de probation, qui avait reçu l'ancien détenu le 10 juillet, avait le jour même contacté le greffe du tribunal de Rouen pour obtenir le dossier. "Il ne l'avait pas. Je devais attendre que le juge le reçoive avant de lui notifier ses obligations", a-t-elle témoigné.
Faute de dossier, la conseillère n'a alors abordé que des questions purement matérielles. "Je n'ai pas voulu entrer dans les détails car je n'avais pas d'expertises, je n'avais pas le dossier. Si on l'avait eu, j'aurais pu mettre en place son suivi", selon elle.
De son côté, Francis Evrard n'a pas cru bon d'aller au-devant des obligations du juge en contactant un psychiatre. "On ne m'avait pas précisé que c'était à moi de le faire. On m'a dit que je devais voir le juge d'application des peines avant de faire quoi que ce soit", a-t-il dit.
L'expert psychiatre Jean-Pierre Choquet a jugé que le pédophile "n'a pas été très désireux au niveau des soins". Pour lui, "le problème des pervers, c'est qu'ils ne veulent pas évoluer. Tant qu'ils ne veulent pas évoluer, il ne faut pas se faire d'illusions".
Les dysfonctionnements évoqués dans la matinée ont eu l'heur d'irriter le père d'Enis, Mustafa K. "Ce que je ne comprends pas, c'est que, malgré tous les rapports que les experts ont fait en disant qu'il allait récidiver à 150, 200%, (...) là ils l'ont jeté dehors (en disant): 'Ben vas-y, sers-toi. Le monde est grand, t'as le choix".
Le procès se poursuivait dans l'après-midi avec l'audition du médecin normand qui avait prescrit du Viagra en juin 2007 à Francis Evrard, encore détenu à Caen. Le praticien a expliqué qu'il n'avait pas connaissance du dossier pénal du patient.
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